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Sortie du documentaire web multimedia « Obliterated Families » (familles décimées).

13 juillet 2016

Lancement du webdocumentaire « Obliterated families » sur les familles de Gaza qui ont été touchées par l’offensive israélienne de juillet 2014. Réalisé par Anne Paq et Ala Qandil, ce webdoc mentionne notamment la famille Shuheibar, qui a déposé le 29 juin une plainte contre l’entreprise française Exxelia pour complicité de crime de guerre.

Le lien direct vers le webdoc : www.obliteratedfamilies.com



Nous publions un webdocumentaire multimédia « Obliterated Families » sur les familles de Gaza dont les vies ont été bouleversées lors de l’offensive israélienne de juillet 2014.

Grâce au format spécifique du webdocumentaire, nous avons pu utiliser photos, textes approfondis, animations, infographies, courtes vidéos et le design pour permettre aux spectateurs de pénétrer dans la réalité de la vie des Palestiniens de la bande de Gaza.

- « La guerre est terminée, mais ses effets continuent » – dit Nabil Makhrous, qui a perdu ses deux enfants, son épouse et huit autres membres de sa famille. Blessé lui aussi, il a dû être amputé d’un bras. – « Nous vivons ainsi ... » - dit-il, fumant une cigarette et conduisant son véhicule, le tout avec sa seule main. Il devrait être à la maison avec les autres qui ont survécu à l’attaque. Nous sommes au soir de l’Aïd, une fête importante comme la veille de Noël en Occident. Mais il a préféré travailler pour une compagnie de taxi et conduire les gens plutôt que de rester à la maison. – « Ils sont toujours là » – explique-t-il.

– « La maison est comme un cimetière, elle est orpheline » - dit un autre père endeuillé, Abdelhadi Majdalawi. – « Nous ne pouvons dormir » – ajoute-t-il, et il nous répètera la même chose l’année suivante quand nous retrouvons à nouveau sa famille. – « Ma femme ne peut pas arrêter de pleurer, je lui demande de moins pleurer, parce que nos larmes tourmentent nos morts » - nous dit un autre père, Wissam Shuheibar, qui a perdu sa jeune fille et deux neveux.

Pourtant, certains des survivants nous surprennent par leur résilience, par leurs tentatives de combler le vide, ou de le rendre un peu plus supportable. « Je veux me marier » – nous dit Ala Balata, 19 ans, qui a perdu ses parents et ses sept frères et sœurs. Quelques mois plus tard, nous le retrouvons dans une salle de mariage illuminée à Jabalia. Sur d’étroites chaises de plastique sont assises les femmes de la famille Balata élargie, qui regardent Ala, vêtu d’un élégant costume noir, danser sur une petite scène avec Amuna – la mariée. En arrière-plan est accrochée une banderole avec les photos des disparus tant aimés.

Les chiffres ont été souvent utilisés pour décrire l’offensive israélienne sur Gaza : 51 (jours), 2200 (morts Palestiniens), 500 (enfants tués), 11 000 (blessés), 100 000 (sans-abri), 500 000 (déplacés).

Mais les statistiques ne reflètent guère la perte d’un être cher, le bombardement de la maison familiale, la vie dans une école surpeuplée des Nations Unies, la peur ou le traumatisme qui viennent après le cessez-le- feu.

A partir de ces données nous avons fait un récit intimiste qui raconte la perte soudaine, la douleur, et la vie après la guerre. Selon un décompte de l’ONU, 142 familles ont perdu au moins trois membres.

Les auteurs du web documentaire sont Anne Paq, membre du collectif photo Activestills et Ala Qandil, ainsi que des dizaines de médias professionnels qui ont contribué à ce travail au cours des deux dernières années. Anne Paq a rencontré et interviewé plus de 50 familles de différentes parties de la bande de Gaza. Parmi elles, nous avons choisi dix récits à raconter en profondeur à travers des photos, des textes de reportage et de courtes vidéos. Deux écrivains réputés, Amira Hass et Raja Shehadeh, ont préfacé notre travail. Le webdocumentaire est soutenu par l’organisation de défense des droits humains ACAT.

Nous sortons le webdocumentaire à l’occasion du deuxième anniversaire de l’offensive israélienne. Nous espérons qu’il permettra de rappeler que deux ans plus tard ; les Palestiniens de Gaza tournent toujours les yeux vers le ciel dans la peur d’un autre raid israélien. Nous espérons qu’il saura rappeler au public que Gaza n’a pas encore été rebâtie, et qu’au rythme actuel, cela va demander 20 ans de plus pour (la restituée à son état d’avant-guerre. Rappeler aussi qu’en attendant, selon un rapport de l’ONU, la Bande de Gaza deviendra inhabitable. Mais surtout, nous voulons demander aux spectateurs de regarder au-delà des statistiques, d’avoir de l’empathie avec les personnes dont nous racontons les histoires, et de leur donner un aperçu de cette vie « anormale » (pour citer l’un des survivants) des habitants de la bande de Gaza.

Nous avons rencontré certaines de ces familles, avant ou pendant la guerre. Parmi eux, il y avait la famille Shuheibar. Anne Paq a documenté l’enterrement de leurs trois enfants Afnan, Basel et Jihad, tués sur le toit de leur maison alors qu’ils donnaient à manger aux pigeons. Quelques mois après le cessez-le-feu, Paq est revenue à Gaza et a revu la famille. Lorsque Wissam, le père d’Afnan, a appris qu’elle était Française, il a insisté pour lui montrer un fragment du missile qui avait tué sa fille. Basé sur l’inscription sur le fragment, Wissam suspectait que la pièce était d’origine française. Anne a rapporté ce fait à une organisation de droits humains locale. Plus tard, des experts militaires engagés par l’ONG de droits humain française ACAT ont confirmé que l’élément avait été produit en France par le fabricant Eurofarad, plus tard fusionné avec le groupe Exxélia.

Il y a quelques jours, le 29 juin 2016, les Shuheibar ont fait déposer en leur nom une plainte contre la société française pour « complicité dans des crimes de guerre et homicide involontaire ». C’est la première fois qu’une famille palestinienne tente à déposer une plainte contre une entreprise privée française, et probablement dans l’Europe entière, à cause de complicité dans des crimes de guerre. Le chapitre portant sur la famille Shuheibar sera mis à jour afin de suivre l’actualité des procédures en France.

Nous voulons que le webdoc soit évolutif et les nouvelles sur la famille Shuheibar ne sont pas les seuls éléments envisagés. Nous préparons des factsheets, des infographies et une section « Bibliothèque » avec une galerie de photos, une exposition à télécharger, des entretiens supplémentaires et d’autres fonctionnalités.

Nous avons fait précéder la sortie du webdocumentaire par la publication de notre court métrage “Gaza. A Gaping Wound” (« Gaza. Une plaie ouverte »).
Il se trouve sur notre site Internet:www.obliteratedfamilies.com

Nous publions les premiers cinq chapitres du webdoc. Les chapitres à suivre seront publiés en juillet et aout ; chacun à l’occasion de l’anniversaire de l’attaque sur la famille dont le chapitre raconte l’histoire.


Anne Paq
annepaq@gmail.com
0049 151 7531 3521
Ala Qandil
ala.qandil@gmail.com
0048 791 001 763


- www.obliteratedfamilies.com


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