Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine

La dissolution du collectif Urgence Palestine, une entrave à la liberté d’expression et d’association

21 mai 2025

L’annonce de la dissolution du collectif Urgence Palestine, prise sur des bases juridiques floues et contestables, participe d’une délégitimation des critiques à l’encontre d’Israël.



Vendredi 16 mai, le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau a confirmé son intention de dissoudre par décret le collectif Urgence Palestine. Le ministère de l’Intérieur reproche à ce collectif de “provoquer à des agissements violents contre les personnes”, de “faire l’apologie d’une organisation terroriste comme le Hamas, d’appeler à l’intifada sur le territoire national et de provoquer à la haine, à la violence ou à la discrimination contre les juifs” [1] . Dans son courrier de projet de dissolution révélé par le quotidien le Monde [2], M. Retailleau reproche en outre au collectif d’instaurer “un climat de haine contre la communauté française”.

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine considère que les bases juridiques et accusations sur lesquelles se fonde l’annonce du ministère de l’Intérieur sont floues et contestables. L’annonce de la dissolution du collectif Urgence Palestine s’inscrit dans un mouvement plus large de délégitimation de la solidarité avec la population palestinienne [3], en utilisant les pratiques d’accusation d’antisémitisme et d’apologie du terrorisme à l’encontre de personnes et organisations qui critiquent les politiques de L’État d’Israël. Elle porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales : liberté de réunion, liberté d’expression et liberté de manifestation. Par ailleurs, elle banalise la pratique de dissolution d’organisations, qui ne doit être employée qu’en mesure de dernier recours afin de protéger la liberté d’association, fondamentale dans le fonctionnement de notre république.

Défendre les droits des Palestiniens, légitimes en droit international, et condamner les violations des droits humains et du droit international de l’Etat d’Israël doit rester une liberté garantie et exerçable en France.

Contact presse :

  • Pierre Motin, responsable plaidoyer, p.motin@plateforme-palestine.org, 07 66 15 39 26

Notes aux rédactions :

Photo : le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Crédits photo : UMP / Flickr Creative Commons



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