Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine

Réfugiés palestiniens, les chiffres-clés 2025

29 juillet 2025

En décembre 1948, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait la résolution 194 pour le droit au retour des réfugiés palestiniens, qui demeure néanmoins interdit depuis 1948 par Israël.



Les réfugiés palestiniens sont définis par l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) comme « les personnes dont le lieu de résidence normal était la Palestine durant la période du 1er juin 1946 au 15 mai 1948, et qui ont perdu leur habitation et leurs moyens de subsistance en raison du conflit de 1948 », ainsi que leurs descendants.

Historique

De novembre 1947 à mai 1948, plus de 700 000 Palestiniens (sur une population totale d’1,4 million) sont déplacés, souvent expulsés par les forces armées juives et les combats. Il s’agit de la Nakba (“catastrophe” en arabe), commémorée chaque année le 15 mai. Au total, 531 villages palestiniens ont été détruits pendant cette période. Une nouvelle vague d’expulsions s’est produite lors de la guerre de 1967.

Population

  • On comptait en 2023 plus de 5,9 millions de réfugiés palestiniens enregistrés auprès des agences des Nations unies :
  • 2,39 millions en Jordanie
  • 1,59 million dans la bande de Gaza
  • 912 880 en Cisjordanie
  • 586 840 en Syrie
  • 493 200 au Liban

Les camps

Près d’un tiers des réfugiés, soit plus d’1,5 millions de personnes, vivent dans des camps de l’UNRWA. 58 camps de réfugiés de l’UNRWA existent au Moyen-Orient dont 19 en Cisjordanie, 8 dans la bande de Gaza, 12 au Liban, 10 en Jordanie et 9 en Syrie. Après les hostilités de juin 1967 et l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, dix camps ont été créés pour accueillir une nouvelle vague de personnes déplacées, qu’elles soient réfugiées ou non.

Les conditions socio-économiques dans les camps sont généralement médiocres, avec une forte densité de population, des conditions de vie exiguës et des infrastructures de base inadéquates, telles que les routes et les égouts.

Palestine occupée

La majorité des réfugiés vivent en Cisjordanie et à Gaza ou dans les pays voisins. En moyenne, les réfugiés vivent dans de moins bonnes conditions que les non-réfugiés (surpeuplement, manque d’infrastructures, pauvreté, etc.). En juin 2023, l’UNRWA comptait 2,47 millions de réfugiés palestiniens enregistrés dans le Territoire palestinien occupé. Près de 905 000 d’entre eux étaient des enfants, dont 70 % vivaient dans la bande de Gaza .

80 % de la population palestinienne de la bande de Gaza est constituée de réfugiés. En Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, environ un quart de la population palestinienne a le statut de réfugié.

Avant le 7 octobre 2023, huit camps de réfugiés palestiniens reconnus s’étendaient sur la bande de Gaza et présentaient l’une des plus fortes densités de population au monde.

Jordanie

Environ 2,584 millions de réfugiés palestiniens vivaient en Jordanie en 2023 selon l’UNRWA , pour une population de 11 439 213 de personnes en 2023 selon la Banque Mondiale , et de 6 500 000 personnes de nationalité jordanienne lors du dernier recensement en 2015. Beaucoup de réfugiés palestiniens qui vivent dans le pays ont acquis la nationalité jordanienne et tous disposent des mêmes droits que les Jordaniens, à l’exception des 100 000 réfugiés venus de Gaza en 1967 (Gaza n’a jamais fait partie du royaume jordanien alors que la Cisjordanie y était intégrée de 1948 à 1967). En 2024, on compte environ 500 000 réfugiés palestiniens, essentiellement d’origine gazaouie, qui n’ont pas été naturalisés et n’ont pas un accès suffisant aux services publics.

L’UNRWA soutenait en 2024 plus d’un million de réfugiés palestiniens à travers le royaume. Environ 60 000 réfugiés en Jordanie sont bénéficiaires de son « Social Safety Net Programme (SSNP) » visant à aider les personnes réfugiées les plus démunies. L’organisation onusienne opère 169écoles et 25 centres de santé en Jordanie.

Liban

Au Liban, les réfugiés palestiniens sont considérés comme des étrangers « résidents temporaires ». Longtemps vus par les Libanais comme porteurs de déstabilisation, ils sont encore aujourd’hui synonymes de fardeau. Selon l’UNRWA, 45 % des réfugiés palestiniens du Liban vivent dans les 12 camps de réfugiés du pays.

Plus de 20 professions sont interdites aux réfugiés palestiniens et ils ne peuvent acquérir des biens fonciers.
En 2023 l’UNRWA comptait 493 000 réfugiés enregistrés au Liban. Selon l’UNRWA, environ 31 400 réfugiés palestiniens enregistrés en Syrie résidaient au Liban en mars 2023, poussés hors du pays par la guerre depuis 2011.

Les taux de pauvreté parmi les réfugiés palestiniens au Liban sont élevés : 80 % d’entre eux vivraient en dessous du seuil de pauvreté national (ajusté à l’inflation) en mars 2023 selon l’UNRWA et 61 076 sont bénéficiaires du programme SSNP.

Syrie

Les Palestiniens réfugiés en Syrie ont plus de droits qu’au Liban, comme l’accès aux services sociaux, mais ils vivent à nouveau la migration forcée à cause du conflit syrien, et sont particulièrement vulnérables aux conséquences de la guerre. Depuis le début de la crise en 2011, l’UNRWA estime que 120 000 réfugiés palestiniens ont quitté la Syrie pour les pays voisins et au-delà.

En 2023, 682 570 réfugiés palestiniens étaient enregistrés en Syrie par l’UNRWA, qui gère 12 camps de réfugiés. Presque 60 % des réfugiés palestiniens de Syrie ont été déplacés au moins une fois dans le cadre du conflit syrien.

En 2021, l’UNRWA gérait 102 écoles qui accueillaient plus de 50 000 enfants dans tout le pays.

La plupart des réfugiés palestiniens qui ont fui vers la République arabe syrienne en 1948 étaient originaires du nord de la Palestine, principalement de Safad et des villes de Haïfa et de Jaffa. Cent mille autres personnes, dont des réfugiés palestiniens, ont fui le plateau du Golan vers d’autres régions de la Syrie lorsque la zone a été occupée par Israël. Quelques milliers de réfugiés fuyant le Liban déchiré par la guerre en 1982 se sont également réfugiés en Syrie.

Le droit au retour

Le droit au retour des réfugiés palestiniens figure dans la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies.

Israël n’a pas reconnu le droit des réfugiés palestiniens, au titre du droit international, de retourner là où eux-mêmes ou leurs proches vivaient, en Israël ou dans le territoire palestinien occupé. Les réfugiés palestiniens n’ont jamais été indemnisés pour la perte de leurs terres et de leurs biens immobiliers

Attaques contre l’UNRWA

Après les attaques du 7 octobre 2023, l’UNRWA a été la cible des autorités israéliennes et de leurs soutiens. Des allégations ont émergé selon lesquelles certains de ses employés auraient participé aux attaques perpétrées par le Hamas ce jour-là. En réponse, l’UNRWA a licencié plusieurs employés et ouvert une enquête interne pour faire la lumière sur ces accusations. Ces révélations ont conduit plusieurs pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, à suspendre temporairement leur financement à l’agence, invoquant la nécessité de clarifier ces allégations avant de reprendre leur soutien. Les pays européens ont repris leur soutien à l’UNRWA, sous réserve de réformes internes et de garanties accrues en matière de transparence et de contrôle. Israël a également intensifié ses critiques, accusant l’UNRWA d’être infiltrée par le Hamas et appelant à son remplacement par d’autres organisations humanitaires. En avril 2024, l’ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a rendu un rapport qui indiquer que l’agence était « irremplaçable », que ses procédures internes visant à assurer son indépendance pouvaient être renforcées, et qu’Israël devait « encore apporter la preuve » de ses accusations. Cette situation a exacerbé les tensions politiques autour de l’aide humanitaire aux réfugiés palestiniens, certains craignant que la suspension des financements n’aggrave la crise humanitaire dans les territoires palestiniens.

Le 26 janvier 2025, le gouvernement israélien a ordonné à l’UNRWA de quitter ses locaux à Jérusalem-Est et de cesser ses opérations dans cette zone d’ici au 30 janvier 2025, une décision que l’agence considère contraire au droit international. Cette mesure pourrait entraver la distribution d’aide humanitaire essentielle aux réfugiés palestiniens. Parallèlement, l’UNRWA a lancé un appel d’urgence de 27,2 millions de dollars pour 2025 afin de continuer à fournir une assistance vitale aux réfugiés palestiniens, notamment en Jordanie.

L’agence souligne l’absence d’alternative pour la prestation de services essentiels à Gaza, avertissant que sans soutien continu, la crise humanitaire pourrait s’aggraver.


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