À un mois de la conférence américaine sur la paix au Proche-Orient, la division est de mise à tous les niveaux. Selon des responsables palestiniens, les négociateurs israéliens et palestiniens sont en effet profondément divisés sur le contenu du texte commun qu’ils devront présenter à cette occasion. Parallèlement, le Hamas et le Jihad islamique ont annoncé qu’ils organiseraient une conférence concurrente à Damas.
Évitant soigneusement, lors de leurs sommets, d’aborder les sujets-clés, le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas, tous deux affaiblis par des crises internes, se sont contentés de former des équipes de négociateurs, chargés de trouver un terrain d’entente entre les deux parties. Les deux équipes doivent commencer aujourd’hui les négociations. Leurs profonds désaccords reflètent toutefois ceux de leurs dirigeants, qui ne s’accordent pas sur la façon dont il convient de ressusciter les pourparlers de paix.
« Avant que les discussions ne commencent vraiment entre les négociateurs, nous pouvons dire qu’il n’y a pour l’instant d’accord sur aucun sujet », a déclaré à Reuters le chef de l’équipe palestinienne, Ahmad Kourie. Un proche conseiller du président palestinien a dit que Abbas et Olmert « ont chacun donné à leur équipe des instructions différentes sur la nature du document à négocier ».
Les Palestiniens souhaitent que le document commun aborde la question des frontières, celle des réfugiés et celle du statut de Jérusalem, autant de dossiers qu’Israël a longtemps évités, exigeant comme préalable des garanties de sécurité. Les deux parties se sont toutefois mises d’accord pour repousser au-delà de la conférence les pourparlers formels sur un État palestinien. « La déclaration commune abordera les points essentiels. D’une façon générale, elle montrera les accords auxquels nous serons parvenus, dont nous espérons qu’ils constitueront les bases des négociations futures », a déclaré la porte-parole d’Ehud Olmert. Hier, le Premier ministre a d’ailleurs invoqué la « feuille de route » et annoncé que des « gestes diplomatiques » étaient « inévitables », ajoutant qu’il travaillerait à la création d’un consensus israélien en ce sens. D’après un responsable palestinien, Israël souhaite que le document commun mette l’accent sur la « nature » du futur État palestinien plutôt que sur les engagements demandés à l’État hébreu. Israël veut notamment que le futur État palestinien soit laïque et dispose d’une économie stable.
Les divisions n’existent toutefois pas seulement entre Israël et les Palestiniens. Le Hamas et le Jihad islamique ont en effet annoncé hier qu’ils organiseront le 7 novembre à Damas une conférence qui fera concurrence à celle requise par le président Bush. L’objectif de la tenue de cette conférence concurrente « est de réaffirmer nos droits, concernant (notamment) Jérusalem et les réfugiés, et de rejeter toute tentative de les brader, particulièrement dans le cadre de la réunion internationale (prévue aux États-Unis) », a déclaré à l’AFP son porte-parole, Sami Abou Zouhri. Le Fateh a immédiatement qualifié d’ « illégale » la conférence que se proposent de tenir les radicaux.