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« Nous avons besoin de vous pour exhorter votre gouvernement afin qu’il cesse de tirer profit de l’occupation »

21 mars 2017

La professeur Israélienne Nurit Peled, prix Sakharov du Parlement européen, a ouvert la Semaine Anticoloniale et Antiraciste 2017 par un discours dénonçant la colonisation israélienne et les violations des droits de l’Homme commises par l’Etat israélien.



Nurit Peled-Elhanan, professeur de Sciences du Langage à l’université hébraïque de Jérusalem, étudie depuis des années le discours d’éducation israélien, et surtout son aspect raciste particulierement manifeste dans les manuels scolaires concernant la représentation des Palestiniens. ( Palestine in Israeli School books - Ideology and Propaganda in Education I.B. Tauris 2012). Depuis des années, elle n’a cessé de dénoncer la responsabilité de la politique de son pays : une politique aveugle qui refuse de reconnaître les droits de l’autre et fomente ainsi la haine et les conflits ". Nurit est lauréate du prix Sakharov des drois humains et de la liberté de pensée. Elle a été co-initiatrice (avec Mme. Leila Chahide) du tribunal Russell sur la Palestine 2009-2013. Son mari, Rami, est le co-directeur israelien du « Cercle des Parents endeuillés Pour la Paix ». Ses trois fils Elik, Guy et Yigal sont militants contre l’occupation israélienne en Palestine.

« Le 6 Décembre 2016 le parlement israélien a approuvé une loi qui légitime a posteriori le vol de terres palestiniennes.

Le 15 avril 2015, la Cour suprême d’Israël a approuvé un projet de loi définissant comme une infraction pénale l’appel à boycotter les institutions et les organisations israéliennes et les Israéliens qui coopèrent avec l’occupation. Aujourd’hui, les personnes qui appellent au boycott des produits des colonies ou soutiennent le BDS sont susceptibles de subir un procès en Israël.

L’objectif du gouvernement israélien est de s’approprier la terre de la Palestine en se débarrassant de la population qui habite cette terre. Comme ces dernières années nous l’ont prouvé, tous les moyens sont bons pour parvenir à ce but jusqu’au meurtre des enfants, à l’exécution de femmes en pleine rue, à la démolition massive de maisons, à la privation d’eau et à l’empoisonnement des cultures palestiniennes...

Tout cela n’est pas nouveau. Les gouvernements israéliens ont toujours eu le même objectif.

Et l’Europe s’est toujours tenue à leurs côtés, calculant les profits qu’elle allait en tirer, en regardant tranquillement la Palestine mourir, et en laissant la population de Gaza sombrer dans la misère , aller vers l’extermination.

Et le pays entier reste subjugué, épouvanté par les services secrets de cet état criminel.

Les crimes d’Israël envers les palestiniens ne sont pas originaux. La France, l’Angleterre, La Belgique, le Portugal, l’Espagne, L’Allemagne et la Hollande en ont fait autant dans leur colonies et se sont conduit tout aussi cruellement envers leur « minorités ». Et aujourd’hui tous ces pays continuent à commettre des crimes envers les réfugiés de leur anciennes colonies qui arrivent par milliers demandant secours à leurs anciens exploiteurs.

Pourtant aujourd’hui des voix différentes s’élèvent. Des voix qui n’étaient pas aussi fortes du temps de l’impérialisme européen, et qui aujourd’hui demandent la justice pour la Palestine, pour la Syrie et pour tous les pays en souffrance ; des voix qui peuvent s’élever contre ces gouvernements soi-disant démocratiques qui se conduisent comme les pires racistes et qui traitent les gens qu’ils dominent – soit physiquement soit par l’économie globalisée - selon des critères d’utilité, et qui n’hésitent pas à laisser des milliers de gens qui fuient les catastrophes que l’Europe a elle-même causées, se noyer au large de leurs côtes

Les victimes sont de plus en plus faibles. Les Syriens ne peuvent rien faire contre les catastrophes qui détruisent leur vie. Et nous, les citoyens d’Israël et les apatrides de la Palestine, ne pourrons pas réaliser la fin de l’occupation et arrêter le bain de sang par nous-mêmes. Nous avons besoin de l’aide de la communauté internationale en général et de l’UE en particulier.

Nous avons besoin de vous pour poursuivre en justice le gouvernement et l’armée israélienne,

Nous avons besoin de vous pour boycotter l’économie, la politique et la culture israéliennes,

Nous avons besoin de vous pour exhorter votre gouvernement afin qu’il cesse de tirer profit de l’occupation.

Nous avons besoin d’appeler à un embargo des armes contre Israël. Et nous devons lever le siège de Gaza.

Israël est la plus grande et la plus dangereuse organisation terroriste existant aujourd’hui. Toutes ses munitions sont utilisées pour tuer des civils innocents, femmes et enfants. Ce n’est rien de moins qu’un génocide.

Comme lauréate du Prix Sakharov du Parlement européen pour les Droits de l’Homme, en tant que mère et en tant qu’être humain, je demande à l’UE d’utiliser tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour aider à sauver mon pays de cet abîme de mort et de désespoir dans lequel nous vivons.

Il faut mettre Israël au ban de la communauté internationale jusqu’à ce qu’il devienne le véritable Etat de ses citoyens et non pas l’Etat de gens qui n’y habitent même pas mais qui, sans scrupules, volent la terre aux vrais habitants ; il faut boycotter et sanctionner quiconque fait des affaires avec cet Etat d’apartheid et nous aider à nous débarrasser de ce gouvernement raciste et sanguinaire, pour qu’enfin la vie puisse revenir pour les Palestiniens et qu’elle revienne aussi pour nous, les Israéliens. »

Nurit Peled-Elhanan - Prix Sakharov 2001



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