Plateforme des ONG Françaises pour la Palestine

Israël déclare Gaza « entité hostile », des sanctions économiques en vue

20 septembre 2007 - L’Orient Le Jour - 19/09/07

Israël a ouvert la voie hier à des sanctions économiques contre la bande de Gaza en la décrétant « entité hostile », une décision dénoncée comme « une punition collective » par le Hamas. Dans le même temps, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice entamait une nouvelle navette entre Israéliens et Palestiniens pour tenter de faire avancer les discussions sur un règlement de leur conflit avant une réunion internationale très attendue sur le Proche-Orient.
« Le mouvement islamiste Hamas est une organisation terroriste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza et en a fait une entité hostile. Cette organisation mène des activités hostiles contre l’État d’Israël et ses citoyens et elle est donc responsable de ces activités », a indiqué hier la présidence du Conseil dans un communiqué. « En sus de la poursuite des opérations militaires ciblées contre les organisations terroristes, Israël imposera des restrictions au pouvoir issu du Hamas de manière à limiter la circulation de marchandises vers la bande de Gaza ainsi que la fourniture de carburant et d’électricité », poursuit le communiqué. « Ces restrictions seront appliquées après examen de leur aspect juridique en tenant compte des questions d’ordre humanitaire à Gaza en vue d’éviter une crise humanitaire », conclut-il. La décision israélienne signifiait « que tout besoin non humanitaire ne sera plus fourni par Israël à la bande de Gaza », a expliqué la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni.
Le cabinet de sécurité israélien, réuni pour débattre d’une riposte à la poursuite des tirs de roquettes depuis Gaza contre Israël, a adopté cette mesure à l’unanimité, a indiqué la présidence du Conseil dans un communiqué. La semaine dernière, une roquette tirée depuis la bande de Gaza avait fait 69 blessés sur une base de l’armée israélienne proche de la ville d’Ashkelon, au sud de Tel-Aviv.
Taher al-Nounou, porte-parole du gouvernement issu du Hamas, qui s’est maintenu à Gaza en dépit de son limogeage par le président palestinien Mahmoud Abbas, s’est élevé contre « une punition collective que nous rejetons totalement ». Selon lui, ce gouvernement « va entrer en contact avec les parties concernées pour empêcher la mise en œuvre de ces graves mesures ». Le président palestinien Mahmoud Abbas a, pour sa part, déploré la décision « arbitraire » d’Israël, affirmant qu’elle « aggravait la souffrance » de la population.
En soirée, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé Israël à revenir sur sa décision, l’estimant contraire aux obligations du pays envers les civils au regard du droit international.
La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice, qui a entamé hier une visite en Israël et dans les territoires palestiniens, a pour sa part rappelé que le Hamas était une « entité hostile pour les États-Unis aussi », tout en faisant une distinction entre le mouvement islamiste et la bande de Gaza dans son ensemble. « Nous n’allons pas abandonner les Palestiniens innocents à Gaza et nous allons déployer tous les efforts possibles pour répondre à leurs besoins humanitaires », a assuré Mme Rice devant la presse à l’issue d’une rencontre à Jérusalem avec son homologue israélienne Tzipi Livni



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