PARIS, 8 nov 2006 (AFP) - Beit Hanoun : le Patriarche latin de Jérusalem dénonce un « massacre inutile »
Le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah a dénoncé, lundi à Paris, les bombardements israéliens meurtriers dans la bande Gaza comme « un crime » et « un massacre inutile », critiquant « le silence complice » de la communauté internationale.
La déléguée générale de la Palestine en France, Hind Khoury, a également fustigé « le silence assourdissant » de la communauté internationale face au « massacre » de Gaza, lors d’une conférence de presse commune avec Mgr Sabbah sur le statut de Jérusalem, à l’initiative de l’ONG du Secours catholique.
« Ce qui se passe à Gaza est un crime. C’est un massacre inutile. Le silence de la communauté internationale est complice », a déclaré Mgr Sabbah, premier Palestinien patriarche latin de Jérusalem.
« Israël a le droit de se défendre mais il faut qu’il permette à Gaza de vivre une vie digne et normale », a-t-il ajouté. Dix-huit Palestiniens ont été tués mercredi par des bombardements israéliens à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza.
Michel Sabbah a rappelé son opposition à la construction d’un « mur » israélien en Cisjordanie qui coupe une partie de Jérusalem-est. Il a proposé de « commencer par Jérusalem » et son statut pour trouver une solution globale au conflit israélo-palestinien.
« On a toujours laissé Jérusalem pour la fin. Il faut commencer par le plus difficile », a-t-il estimé, en soulignant qu’il y avait « deux solutions : soit une ville coupée en deux entre Israéliens et Palestiniens, soit une seule ville avec une souveraineté partagée ».
S’opposant aux propos du chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy qu’il doit rencontrer jeudi, il a estimé que le « mur » ne permettait pas d’éviter les attentats contre Israël mais qu’il était une « frontière » pour contenir les Palestiniens.
« Aujourd’hui, Jérusalem est fermée aux Palestiniens et à tous les chrétiens et musulmans des pays arabes », a regretté Mgr Sabbah. Il a appelé la France et l’Europe à « prendre leurs responsabilités ». « La France est responsable avec l’Angleterre de la création du Moyen-Orient avec ses complications. Nous insistons sur la responsabilité de l’Europe qui a créé cette tragédie. Elle doit y mettre fin », a-t-il ajouté.