Après l’enlèvement d’un soldat de l’armée israélienne près de la bande de Gaza le 25 juin dernier, la presse israélienne a rapporté que le Premier ministre israélien Ehoud Olmert avait déclaré ceci : « Les Palestiniens vont constater que le seigneur est devenu fou. »
C’était bien vu.
Depuis lors, l’armée israélienne a été autorisée à déployer son énorme puissance : bombardements d’infrastructures civiles (centrale électrique, ponts, ministères, etc.), incursions meurtrières (une cinquantaine de décès, dont des femmes et des enfants - des maisons, des routes et des champs détruits)..
Dans une lettre adressée ce dimanche au Conseil de sécurité de l’ONU, le président de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme), Sidiki Kaba, n’hésite pas à qualifier les actions de l’armée israélienne de « crimes de guerre, si pas crimes contre l’humanité, au regard du droit international ». Le rapporteur de l’ONU pour les droits de l’homme sur place, John Dugard, a estimé que le comportement d’Israël était « moralement indéfendable »..
Et pourtant, tout se passe comme si la communauté internationale n’en avait cure. Quelques rares et timides protestations ont été entendues çà et là. Pour le reste, silence radio. Un silence que les autorités israéliennes interprètent comme un aval tacite. Le monde en a-t-il assez des Palestiniens ? Ou plutôt, le vote de ces Palestiniens pour un Hamas à la rhétorique volontiers antisémite et aux méthodes parfois terroristes a-t-il effaré les responsables dans le monde ?
Pourtant, cette communauté internationale a bien tort de laisser se développer la très inégale étreinte léthale au Proche-Orient. Les Palestiniens n’obtiendront sans doute pas un État par le terrorisme, certains l’ont compris. Mais les Israéliens, qui ont déjà essayé l’occupation, la réoccupation, la colonisation, la dépossession, l’enfermement, l’encerclement, le bouclage, le couvre-feu, le bombardement, l’emprisonnement, devraient tenter autre chose. Et exploiter les ouvertures. Comme celle de 2002 quand la Ligue arabe unie offrit la paix contre les territoires. Ou quand, le 27 juin dernier, les Palestiniens s’unissaient derrière un texte prônant deux États.
© Rossel & Cie - Bruxelles le 10 juillet 2006.