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Le Pape en Terre Sainte : un voyage rempli de symboles

26 mai 2014 - Secours Catholique, le 23 mai 2014

Du 24 au 26 mai, le pape François va visiter la Terre Sainte pour la première fois. Le père Dominique Fontaine, aumônier général du Secours Catholique, éclaire les enjeux de ce pèlerinage et appelle les chrétiens français à participer à la Nuit de la Paix le 23 mai.

© popefrancisholyland2014.lpj.org Le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier et le pape François en 2013 à Rome.

En quoi ce voyage est-il symboliquement fort ?

Il fête les 50 ans du voyage de Paul VI, réalisé en 1964, en plein milieu du concile Vatican II. Le pape était venu rencontrer le patriarche orthodoxe Athénagoras, ça a été un geste symbolique fort de réconciliation entre catholiques et orthodoxes. Cela s’est fait à Jérusalem, alors que la situation des Israéliens et Palestiniens de la ville était difficile. C’était le premier grand voyage d’un pape depuis longtemps. La portée était d’autant plus forte que le Concile planchait alors sur les questions de liberté religieuse, du rapport avec les autres religions.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là pour le Secours Catholique. Car en rentrant, Paul VI a appelé Mgr Rodhain et lui a dit : « Vous avez fait la cité Saint-Pierre à Lourdes, il vous faut faire la même chose à Jérusalem, pour accueillir les pèlerins pauvres des trois religions. » Le fondateur du Secours Catholique, égal à lui-même, a trouvé un lieu à louer et la maison d’Abraham est née dès novembre cette année-là.

Depuis, elle reçoit des pèlerins de tout horizon et le Secours Catholique invite ses membres à participer à des voyages de l’espérance là-bas, quelles que soient leurs ressources. En cela, Jérusalem est très important pour nous.

Pensez-vous que le pape se déplace en Terre Sainte pour marquer l’aspect spirituel du lieu ou pour insister sur la situation politique préoccupante ?

Pour les chrétiens – catholiques mais aussi orthodoxes et protestants –, Jérusalem, la Galilée, le pays où le Christ a vécu, sont des racines spirituelles. Je vois, personnellement, le nombre d’hommes et de femmes du Secours Catholique qui viennent faire des sessions bibliques à la maison d’Abraham. La liste d’attente est longue… Et les pèlerins rentrent en France forts de deux découvertes. D’abord, l’impact de la Terre Sainte : on ne lit pas l’Évangile de la même façon là-bas, on ne prie pas de la même manière quand on célèbre la messe devant la maison d’Abraham, avec une vue imprenable sur les lieux saints des trois religions s’étalant sous nos yeux. Cela ancre dans nos racines.

Puis, tous reviennent choqués par ce qu’il se passe là-bas : le mur de séparation qui est tout à côté de la maison d’Abraham, Bethléem totalement entourée de ce mur, l’impression que les Palestiniens vivent dans une prison à ciel ouvert, le climat de méfiance constant. À leur retour, ils se sentent obligés de réfléchir à la situation politique de ce pays, de chercher des moyens de participer à la résolution du conflit.

Je vois donc, dans le voyage du pape, la dimension spirituelle fondamentale que j’évoquais, mais aussi cet aspect politique indissociable. Sachant que le Saint-Siège participe au niveau diplomatique à la construction de la paix là-bas.

Comment ce voyage peut-il aider la paix entre Palestine et Israël ?

Ce que va dire le pape ne s’adresse pas d’abord aux responsables politiques, mais au peuple ! Quand Benoit XVI est allé à Bethléem en 2009, il a prononcé son discours devant le mur de séparation. Cela eu un impact très fort pour les populations palestiniennes et je pense que cela a du faire réfléchir aussi des israéliens. Le pape, une fois de plus, va s’adresser aux consciences des gens.

Le pape François a choisi de s’entourer d’un rabbin, d’un professeur musulman et il sera accompagné aussi du patriarche maronite libanais. Est-ce une manière de placer l’interreligieux au cœur de sa vision de la Terre Sainte ?

Ce choix lui permet, je pense, d’apparaitre comme quelqu’un qui vient au nom de la dimension spirituelle de l’homme, au nom des religions. Non pas pour défendre les intérêts de l’Église catholique en Terre Sainte – et il y en a à défendre – mais pour montrer que les religions, ensemble, peuvent être un facteur de paix. Il montre ainsi un exemple à suivre à l’opinion publique palestinienne et israélienne.

Il a d’ailleurs choisi non des représentants des autres religions mais des « amis », nous disent les communiqués du Saint-Siège…

À la maison d’Abraham, les responsables de la maison et les groupes de pèlerins découvrent régulièrement que des amitiés existent entre arabe palestinien, arabe israélien, et israélien. Ce n’est pas seulement dans les films. Cette fraternité, ces amitiés sont le ferment d’un avenir possible.

L’amitié va aussi se traduire par une mobilisation en France. Les chrétiens sont appelés à soutenir le pape dans son voyage par une nuit de prière. Comment celle-ci s’organise-t-elle ?

Plusieurs mouvements catholiques dont le Secours Catholique, qui s’étaient retrouvés l’an dernier pour faire une brochure, le Défi de la paix, se sont dit qu’il fallait accompagner ce voyage. On ne pouvait pas faire de grandes manifestations, mais prier ensemble était possible. Ce sont les chrétiens des paroisses – plusieurs dans toute la France – qui lancent l’invitation, mais ils proposent aussi à leurs frères d’autres religions à venir, comme le pape a demandé à ses amis de le suivre.

Propos recueillis par Sophie Lebrun
La Nuit de la paix, vendredi 23 mai

Sept associations et services d’Église, acteurs de solidarité et de soutien aux peuples et aux Églises du Moyen-Orient, s’associent à la démarche d’unité et de paix du pape François. Pour que tous les chrétiens de France se sentent mobilisés par cette démarche, ils proposent de vivre une initiative de “Nuit de la Paix en union avec le pape François”.

Des soirées sont prévues dans plusieurs villes comme Évry (à la cathédrale), Grenoble, Bayonne, Rouen, Nanterre, Marseille, et Lyon. À Paris, la veillée se prépare à l’église Saint-Eustache, présidée par Dominique Fontaine.

Éléments pour organiser la veillée et informations complémentaires sur www.paxchristi.cef.fr

Brochure Le Défi de la paix, au nom de leur foi des chrétiens s’engagent pour plus de justice en Palestine et en Israël disponible en format PDF ci-dessous et en version papier gratuitement sur demande au Secours Catholique, pôle MONA, 106 rue du Bac, 75341 Paris Cedex 07, ou dept.mona@secours-catholique.org

Source : http://www.secours-catholique.org/actualite/le-pape-en-terre-sainte-un-voyage-rempli-de-symbole,12966.html


Documents à télécharger - brochure Le defi de la Paix
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