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Lancement en France de la campagne nationale pour la libération des prisonniers palestiniens

11 avril 2014 - Nadir Dendoune pour le Courrier de l’Atlas - jeudi 10 avril 2014

A quelques jours de la journée internationale des prisonniers politiques (le 17 avril), le comité français pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens avait décidé d’organiser ce matin (10 avril), une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

Fadwa Barghouti et Majed Bayma (D). Crédit photo / Ibrahim Burnat

« Dans de nombreux pays, des campagnes nationales ont été lancées pour la libération de tous les prisonniers palestiniens. Aujourd’hui, nous lançons la campagne française », a rappelé Claude Léostic, la présidente de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

France-Paris. Conférence de presse organisée par le comité français pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens, tenue à l’Assemblée nationale, à Paris, ce jeudi, 10 avril 2014. Crédit photo / Ibrahim Burnat

La campagne internationale avait été lancée le 27 octobre 2013, date anniversaire de la libération de Nelson Mandela, de la prison de Robben Island, celle-là même ou fut emprisonné le plus connu des militants anti-apartheid.

Cette campagne a été initiée par Fadwa Barghouti, la femme de Marwan Barghouti, parlementaire palestinien détenu depuis 12 ans dans une prison israélienne et Ahmed Kathrada, fondateur de la campagne « Libérez Nelson Mandela ».

Entourée de nombreux parlementaires français, Claude Léostica a tenu d’abord à rappeler les « divers » soutiens de nombreuses personnalités à la campagne, comme Jimmy Carter, l’ancien président des États-Unis, Michel Rocard, Premier ministre sous Mitterrand (1988-1991), Hervé de charrette (3 fois ministre sous Chirac), Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, ou plusieurs lauréats pour le Prix Nobel de la Paix. Avant de donner la parole à Fadwa Barghouti.

« La question des prisonniers est primordiale pour le peuple palestinien, rappelle Mme Barghouti. Depuis 1967, près de 800 000 Palestiniens ont connu la prison. La libération de Marwan et de tous les autres prisonniers montrerait la volonté des Israéliens de faire la paix. Il reste près de 5000 prisonniers. Parmi eux, 11 députés, des hommes, des femmes, mais aussi des enfants ».

Samedi dernier, le 5 avril, à trois semaines de la fin des discussions de paix tripartites (entre Américains, Israéliens et Palestiniens), préliminaires à des négociations, Israël a refusé de libérer quelques 400 prisonniers palestiniens sur les 1000 prévus dans le cadre des accords d’Oslo. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien a indiqué qu’il « n’était pas question de se livrer à une énième libération de « terroristes » tant que Mahmoud Abbas n’aura pas reconnu le caractère juif de l’État d’Israël ».

Constatant « qu’Israël ne cherche pas la paix », l’autorité palestinienne a indiqué qu’elle allait adhérer à une quinzaine d’organisations et de traités internationaux, rendant furieux les Israéliens, qui craignent de voir ainsi certains de leurs dirigeants, poursuivis pour crimes de guerre.

Mécontents, donc, le gouvernement israélien a lancé un nouvel appel d’offres pour la construction de 708 nouveaux logements à Jérusalem-Est et donné son feu vert à la construction d’un musée archéologique dans un quartier palestinien de la ville.

« Pourtant, la communauté internationale incite les Etats à ratifier les textes internationaux », a raillé Majed Bayma, chargé du dossier des prisonniers au ministère des Affaires étrangères palestinien, présent aux côtés de Fadwa Barghouti, lors de la conférence de presse.

« Au lieu de discuter des frontières, de l’occupation israélienne, de la libération des prisonniers, comme les accords d’Oslo le prévoient, Israël nous demande de nous positionner sur la judéité de l’Etat d’Israël. Cela s’appelle du marchandage. » a t-il renchérit.

A la question d’une consœur, demandant à Fadwa Barghouti, l’état de son moral ainsi que de celui de son mari, elle répondit :

« Il m’est parfois arrivé de faiblir, mais entourée de tant d’amis, notamment de mes amis français, du peuple français, qui soutient en grande majorité le peuple palestinien et malgré toutes nos souffrances, nous restons forts. Notre message est un message de paix, de solidarité et de fraternité. Pendant quatre ans, mon mari était à l’isolement, je n’ai donc pas pu le voir. Aujourd’hui, j’ai l’autorisation de lui rendre visite deux fois par mois. Je le vois derrière une vitre pendant 45 minutes. Ce temps est partagé entre notre vie de famille et la situation politique. Mes enfants ont grandi, ils comprennent un peu mieux pourquoi leur père est en prison. Notre fille a eu un enfant il y a neuf mois et Marwan, son grand-père n’a toujours pas vu sa petite fille : seule la famille « 1er degré » peut lui rendre visite. Je ne dis pas ça pour vous émouvoir mais juste pour vous décrire la réalité de beaucoup de familles palestiniennes. Il y a 30 ans quand il m’a fait sa demande de mariage, il m’a dit : « Prends une semaine pour réfléchir, parce qu’avec moi, tu prends le risque que je sois arrêté ou tué ». Je lui ai répondu : « La Palestine ne t’appartient pas, elle nous appartient tous  » ».

Nadir Dendoune

Source : http://www.lecourrierdelatlas.com/695910042014Lancement-en-France-de-la-campagne-nationale-pour-la-liberation-des-prisonniers-palestiniens.html

Pour en savoir plus sur la campagne, consultez le dossier de presse en attachement :


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