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Israël négocie avec Bruxelles pour garder la manne de la recherche européenne

2 septembre 2013 - Joel David - La Croix

Début août, l’Union européenne adoptait une directive imposant à l’État d’Israël d’indiquer par écrit, à compter de janvier 2014, dans tout accord de coopération avec l’UE, qu’il n’est pas souverain dans les Territoires occupés de Cisjordanie, Jérusalem-Est et du Golan. Objectif déclaré  : bloquer les transferts de fonds publics européens à des institutions israéliennes sises au-delà de la Ligne verte démarquant Israël des territoires conquis en 1967 ou entretenant des liens avec les colonies juives.

Le premier ministre Benyamin Netanyahou a vivement protesté contre la directive européenne. « Elle préjuge de l’issue des pourparlers de paix en cours avec les Palestiniens sur le futur tracé des frontières », a-t-il dit en insinuant qu’Israël allait renoncer à participer à « Horizon 2020 ». Son ministre de la défense, Moshe Yaalon, a même haussé le ton en ordonnant à l’armée de stopper toute coopération avec l’UE pour des projets en Cisjordanie.
Négocier les conditions d’éligibilité

« Les Européens utilisent l’artillerie lourde pour abattre une mouche », s’insurge le négociateur israélien, Marcel Szatan. Ces sept dernières années, sur les quelque 900 millions d’euros octroyés par Bruxelles à Israël au titre de la recherche et du développement, seuls 0,5 % ont bénéficié à des projets dans les implantations.

Depuis, les négociateurs israéliens et européens se sont retrouvés plusieurs fois à Tel-Aviv, pour parler des conditions d’éligibilité au pactole de 70 milliards d’euros que l’Union européenne va affecter à la recherche et au développement durant les sept années à venir, pour son programme-cadre « Horizon 2020 », le huitième du genre.

« La rupture avec l’UE aurait des conséquences dramatiques », avertit Galia Blum. Cette pharmacologue figure parmi les 32 jeunes chercheurs israéliens qui ont chacun obtenu cette année à Bruxelles une bourse de 1,5 million d’euros pour poursuivre leurs travaux. « J’ai exposé mon projet en dix minutes à une assemblée d’experts et je les ai convaincus », raconte-t-elle fièrement.
« Notre richesse, c’est la matière grise »

La concurrence est sévère. Sur 3 329 dossiers soumis par les chercheurs de 22 pays après une présélection drastique, seuls 287 ont reçu le feu vert, soit 9 % en moyenne, contre 31 % pour les Israéliens, qui se taillent régulièrement la part du lion. Cette année, ils se sont classés en troisième position derrière la Grande-Bretagne (60 bourses) et l’Allemagne (40), mais très largement en tête, compte tenu de la population d’Israël, huit millions d’habitants seulement.

« Notre richesse, c’est la matière grise », se flatte le président ­Shimon Peres. Il fait allusion notamment à l’excellence de l’Université hébraïque de Jérusalem, du Technion de Haïfa ou de l’Institut Weizman de Rehovot, véritables locomotives du développement économique. Les inventions d’Israël­, qui se présente comme « l’État start-up », ont fait le tour du monde  : irrigation au goutte à goutte, tomates cerises, clé USB…
Un soutien financier crucial

Israël est le seul pays non européen participant à « Horizon 2020 ». Sa quote-part au fonds commun du précédent programme-cadre a atteint 600 millions d’euros et les retombées, y compris les droits sur la propriété intellectuelle, ont dépassé 1,5 milliard d’euros. L’UE est ainsi devenue le second bailleur de fonds des chercheurs de l’État hébreu, derrière la Fondation pour la science en Israël.

« Se couper de l’UE reviendrait à se tirer une balle dans le pied, mais aussi dans la tête », plaide Ada Yonath, prix Nobel de chimie 2009. Selon elle, le soutien financier de Bruxelles est « crucial » pour les scientifiques et industriels israéliens et « la recherche en vase clos est impossible ».

La mort dans l’âme, Marcel Szatan souligne que « le boycottage évoque des souvenirs cruels chez les juifs ». Il espère que l’UE pourra résilier la « clause de territorialité » s’agissant d’Horizon 2020, voire l’édulcorer ou préciser son côté « approximatif ». Exemple  : les 15 très importantes sociétés (Teva, Rafa ou Intel) du parc industriel de Har Hotsvim, à Jérusalem, qui étaient dans le collimateur, parce qu’elles se trouvent à l’extrême limite de l’ancien no man’s land qui séparait Israël de la Jordanie jusqu’en 1967. Ces 15 sociétés viennent tout juste de se tirer d’affaire, en justifiant de leur situation géographique exacte. Une décision qui a donné un ton nouveau aux négociations  : elles se poursuivent désormais dans une ambiance plutôt conciliante.


- http://www.la-croix.com/Actualite/M...


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