Plateforme des ONG Franaises pour la Palestine

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FRANCE-EUROPE/ les analyses

16 septembre 2011
  • Dominique Vidal, historien et journaliste
    « La reconnaissance de l’Etat de Palestine ne modifiera videmment pas d’un coup de baguette magique la situation sur le terrain. Beaucoup dpendra de la mobilisation des Etats et des opinions pour que le droit international s’y applique. Dommage que la France ne joue pas une partition digne d’elle dans cet indispensable concert. Elle servirait la paix, mais redorerait aussi son blason passablement rouill par son rapprochement avec Isral et sa longue complaisance avec les dictateurs arabes... » Pour en savoir plus.
  • CIDSE
    « La CIDSE considre que l’initiative des Nations unies est un tournant dans le contexte de la construction de l’Etat et du dveloppement, grce au soutien de l’UE. Ce processus ne pourra aller de l’avant que si l’indpendance palestinienne est rendue effective sur le terrain. Toutefois, les droits des Palestiniens, leur dignit et leur possibilit de se dvelopper sont limits par une srie de violations du droit international et du droit international humanitaire, dont le blocus de Gaza, les colonies, les dmolitions de maisons et les interdictions de se dplacer ». Pour en savoir plus.
  • Isabelle Avran, journaliste
    « Que l’UE appelle ds lors le Palestiniens ne plus demander l’Onu qu’une reconnaissance « mdiane » de leurs droits en est une autre. La vritable question demeure bel et bien, avant et aprs le vote, celle du rapport de forces. Celui-l mme que le mouvement de solidarit international, qui ne saurait substituer ses dbats lgitimes aux dcisions souveraines du peuple palestinien quant son avenir et sa stratgie, porte la responsabilit de contribuer faire voluer. Pour en savoir plus ». Pour en savoir plus.
  • Franois Dubuisson, professeur de droit international l’Universit Libre de Bruxelles.
    « Cela ne modifiera pas le rapport de force sur le terrain. Mais l’aspect la fois symbolique et juridique est important. Cela crera un momentum susceptible de faire bouger les choses. La communaut internationale affirmerait ainsi l’existence d’un Etat sans avoir besoin de l’aval d’Isral ; elle dirait que Gaza, la Cisjordanie et Jrusalem- Est, dans les frontires d’avant le 6 juin 1967, forment l’Etat palestinien malgr l’occupation. Rien n’empchera le futur Etat palestinien de reprsenter les rfugis mme s’ils rsident hors de Palestine. Le droit l’autodtermination, c’est - dire le droit un Etat indpendant, et le droit au retour sont en outre bien distincts. Le second est un droit individuel, raffirm chaque anne par l’AG de l’ONU. Il n’y a aucune raison que cela soit modifi ». Pour en savoir plus.
  • Hubert Vdrine (sur une lettre ouverte de 110 parlementaires demandant Nicolas Sarkozy dans laquelle ils demandent la France de dire non la reconnaissance unilatrale d’un Etat palestinien l’ONU).
    « Proposer de se remettre la table des ngociations avant une reconnaissance de l’ONU est d’un cynisme total, puisque le gouvernement isralien a t lu sur un programme o le compromis n’est pas envisageable. Ce texte revient laisser M. Ntanyahou entretenir le statu quo. » Pour en savoir plus.
  • Bernard Ravenel, prsident de la Plateforme des ONG franaises pour la Palestine
    « Il faut insister sur le fait qu’on n’entamera aucun processus rel de paix si des deux cts on n’assume pas comme donne fondamentale l’existence de deux Etats libres et souverains. La reconnaissance de l’Etat palestinien est devenue la condition d’une sortie de la logique de guerre dans la rgion. Il est clair que celui qui croit que les terres de Palestine appartiennent par droit divin Isral n’admet pas l’existence de l’Etat de Palestine...Aujourd’hui, la socit palestinienne, et avec elle l’opinion publique mondiale, est arrive une double conclusion. La premire, c’est qu’ travers son interprtation des accords d’Oslo, Isral n’a jamais vraiment envisag de mettre fin l’occupation et la colonisation et, par consquent, d’accepter l’instauration d’un Etat palestinien indpendant. La deuxime, c’est que, par leurs dclarations, (voir la rcente prestation de Ntanyahou devant le Congrs amricain), les Israliens ont transmis un message sans quivoque : l’autodtermination pour les Palestiniens n’a jamais figur leur agenda. Donc il ne faut plus rien attendre de ngociations bilatrales avec Isral pour aboutir un Etat palestinien. Pour en savoir plus.
  • Jean-Franois Legrain, charg de recherche au CNRS
    « Cette initiative n’a plus grand chose voir avec le droit. L’tat de Palestine, tel qu’il est envisag aujourd’hui, est en complet dcrochage avec le droit national l’auto-dtermination, la souverainet, l’indpendance et avec un certain nombre des rsolutions des Nations Unies affrentes. A l’origine la notion d’tat palestinien venait consacrer le droit l’autodtermination. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Si en septembre les Nations Unies reconnaissent sans plus de prcision l’tat de Palestine (avec ou sans sige en tant que membre), le peuple palestinien aura perdu l’essentiel. C’est en effet juridiquement dans les limites de cet tat que le peuple palestinien sera reconnu comme une entit. Ce qui veut dire que le peuple palestinien sera rduit la seule population d’une partie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Mais en seront exclus tous les Palestiniens de la diaspora, les rfugis, les Palestiniens d’Isral et ceux de Jrusalem situs l’extrieur des frontires de l’tat envisag.
    Pour moi il ne s’agit pas de d’une avance du droit. Ce n’est que l’nime initiative prise par un leadership palestinien qui a perdu une grande part de sa crdibilit auprs de son peuple et qui veut dfendre tout prix ses prrogatives. Aujourd’hui, l’Etat palestinien a t dconnect de la souverainet. Personne n’imagine que, si un Etat de Palestine est ce mois-ci reconnu par l’ONU, les Palestiniens vont trouver l’indpendance avec la fin l’occupation militaire ». Pour en savoir plus.
  • Julien Salingue, Enseignant en science politique et doctorant l’Universit Paris 8
    « On l’aura compris : les enjeux politiques de « septembre » vont bien au-del du rsultat d’un vote de l’Assemble Gnrale de l’ONU. L’initiative de l’AP est, paradoxalement, l’un des principaux indices tendant dmontrer que nous assistons bien la fin d’un cycle, que j’ai dj eu l’occasion de nommer « parenthse d’Oslo »60, au cours duquel la direction palestinienne avait fait le pari d’une solution bi-tatique parraine par la superpuissance tats-unienne. Nul ne peut affirmer avec certitude ce que seront les caractristiques du nouveau cycle qui s’ouvre, mais il ne fait aucun doute que les Palestiniens tireront les leons des annes Oslo et seront fortement influencs par la tempte qui secoue actuellement le monde arabe. C’est ce qui semble inquiter au plus haut point les autorits israliennes, davantage que ce qui se droulera en septembre dans les traves de l’ONU ». Pour en savoir plus.
  • Dominique Vidal – historien et journaliste
    « Beaucoup dpendra du courage – ou de la lchet – de Paris. Dans une lettre en rponse aux signataires d’une ptition en faveur de l’admission de l’Etat de Palestine l’ONU, le ministre franais des affaires trangres crivait le 19 aot : « Si une relance du processus de paix n’intervenait pas d’ici septembre, la France a dj annonc qu’elle prendrait ses responsabilits sur la question de la reconnaissance de l’Etat de Palestine. » Curieusement, le 2 septembre, en croire l’Agence France Presse, le mme ministre prsentait l’Assemble gnrale des Nations unies comme « l’occasion de rouvrir le chemin de la ngociation plutt que de risquer une confrontation diplomatique strile et dangereuse ». Alain Jupp serait-il en voie de « kouchnerisation » » ? Pour en savoir plus.
  • Ren Backmann-Le Nouvel Observateur
    « Washington a dj annonc que les Etats-Unis opposeraient leur veto. Pourquoi ? Officiellement parce que cette initiative crerait un “fait accompli diplomatique” qui pourrait compromettre une reprise des ngociations. En ralit, parce que l’administration Obama, qui pouse dsormais la position isralienne, refuse de voir le conflit isralo-palestinien internationalis et expos, dans toute sa rudesse, devant le forum des nations. Au mieux, les Palestiniens obtiendront de l’Assemble gnrale le curieux statut d’“Etat non membre”, plus propice l’action diplomatique que leur actuelle position d’observateur. Ce statut - dont dispose aujourd’hui le Saint-Sige - leur permettra de renforcer leur prsence au sein des grandes organisations de l’ONU et confortera l’assise juridique de leur combat contre l’occupation et la colonisation israliennes ». Pour en savoir plus.
  • Monique Chemillier-Gendreau, professeur de droit public et de sciences politiques
    « Il est vident que c’est une entre l’ONU qui donnerait la Palestine la plnitude de ses droits. Elle pourrait adhrer titre d’tat au Statut de la Cour Internationale de Justice et de la Cour Pnale Internationale. Cela lui donnerait l’occasion de s’engager dans des procdures pour faire valoir les droits de son peuple. Elle pourrait adhrer aux grandes conventions internationales. Son autorit dans l’enceinte internationale et, par voie de consquence, dans ses relations avec Isral, s’en trouverait profondment renforce ». Pour en savoir plus.
  • Jean-Paul Chagnollaud, professeur des universits
    « Jamais il n’y a eu dans le pass de telles convergences politiques en faveur de la cration d’un Etat palestinien […] une reconnaissance par l’Assemble gnrale serait certainement un tournant majeur dans l’affirmation des droits lgitimes du peuple palestinien. Chacun devra alors prendre ses responsabilits au-del des discours que les uns et les autres ont prononcs ces derniers mois. En tout cas, ce statu quo d’un autre ge o une puissance occupante interdit tout un peuple d’tre matre de son destin ne peut plus demeurer encore longtemps alors que partout ailleurs dans la rgion de profondes mutations sont l’œuvre ».


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