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Colonies, les chiffres-clés 2018

1er août 2018

Population

Le Bureau Palestinien des Statistiques (PCBS) compte 636 452 colons à la fin 2016 dont 222 325 à Jérusalem-Est c’est deux fois plus qu’en 1995.

En Cisjordanie les colons représentent plus de 20% de la population.
Le taux de croissance de la population des colons est 2 fois et demie plus élevé que le taux de croissance de la population israélienne.

1 Israélien juif sur 10 est un colon.

Beaucoup de colons israéliens sont des colons dits « économiques » attirés par le faible coût de l’immobilier dans les colonies et les aides de l’Etat pour s’y installer. Ils représenteraient 80% des colons.
Quelques 100 000 colons vivraient dans des colonies nationales-religieuses.

La colonie israélienne la plus peuplée est Modi’in Ilit avec plus de 70 000 colons suivie par Beitar Illit, située à l’ouest de Bethléem et regroupant plus de 50 000 colons et Maale Adumim (plus de 40 000 colons).

12 000 Français vivent dans les colonies

La carte des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.


Construction

Depuis 1967, 257 colonies ont été construites en Palestine, avec ou sans autorisation du gouvernement israélien. Le PCBS compte, à la fin 2016, 425 colonies et bases militaires en Cisjordanie, dont 150 colonies et 107 colonies sauvages (non autorisées par le gouvernement israélien). Toutes sont illégales en vertu du droit international.

La bande de Gaza a comporté des colonies jusqu’en 2005 après que le gouvernement israélien ait décidé unilatéralement de les démanteler. On comptait avant cette date 21 colonies et environ 8 000 colons.

Pendant les dernières négociations israélo-palestiniennes (juillet 2013-avril 2014), le gouvernement Netanyahou a promu la construction de 13 851 logements, soit 50 unités de logement par jour.

L’année 2017 a vu une augmentation rapide et significative des constructions de logements dans les colonies, les autorités israéliennes ont approuvé la construction de 16 800 nouvelles unités de logement dont 1/3 à Jérusalem-Est.

Elles ont établi 4 nouvelles colonies en 2017 (une au sud de Naplouse et 3 dans la vallée du Jourdain).

Sur la première moitié de l’année 2018, l’établissement de plus de 6 000 unités de logement a progressé (que ce soit à des stades de planification ou de mise en œuvre du projet) en Cisjordanie dont Jérusalem-Est, ce qui permettra à plus 27 000 nouveaux colons de s’installer en Palestine occupée.
Des planifications nouvelles amèneraient à la création de 2 nouvelles colonies près de Hébron.

99,76% des territoires déclarés « terres d’Etat » par Israël ont été attribués aux colonies israéliennes.
Les Palestiniens se sont donc vus attribués seulement 0,24% de ces terres soit 1,625 km2.
Et 80% de ce territoire a finalement servi à l’établissement de colonies israéliennes ou à la relocalisation de communautés bédouines expulsées de force par les autorités israéliennes, laissant finalement en réalité 0,3 km2 aux Palestiniens. La majorité de ces attributions avaient été prévues avant les accords intérimaires de 1995 (Oslo II) qui divisaient le territoire palestinien en 3 zones et cédaient le contrôle de la zone C aux autorités israéliennes, zone où se trouvent la plupart de dites « terres d’Etat ».


Violences

Entre janvier et novembre 2017, l’OCHA a observé des attaques de colons israéliens sur des Palestiniens ayant tué 3 personnes, blessé 49, et endommagé des biens lors de 106incidents. Entre 2013 et 2016, la police israélienne a clos 91,8% des cas de plaintes contre des violences de colons à l’encontre de personnes ou de biens palestiniens.
Selon Yesh Din, sur les1 067 enquêtes ouvertes entre 2005 et 2014, seules 70 ont abouti à une inculpation. L’ONG estime qu’une plainte déposée par un Palestinien en Cisjordanie a 1,9% de chance d’aboutir à une enquête effective avec des suspects identifiés, poursuivis et condamnées.

Lire notre note « La violence des colons en Cisjordanie dont Jérusalem-Est : un terrorisme impuni ».


Economie / produits des colonies

Les colonies contribuent à 4% du PIB israélien.

Les produits des colonies représentent 1% des exportations israéliennes vers l’Union européenne (UE), soit environ 230 millions d’euros. C’est à peu près 15 fois la valeur annuelle des importations de l’UE provenant des Palestiniens.

L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël avec des échanges équivalant à près de 30 milliards d’euros.

La valeur de la production agricole des colonies de la vallée du Jourdain est estimée à environ 500 millions de shekels (100 millions d’euros) par an.

Plus de 80%des dattes provenant des colonies de la vallée du Jourdain sont destinées à l’exportation.

En 2018, 20 000 Palestiniens travaillent dans les colonies israéliennes, chiffre en constante augmentation selon le Bureau central palestinien des statistiques.

Environ 45% des parts de la société Ahava appartiennent à deux colonies, ce qui signifie que les recettes dégagées de la vente des produits Ahava soutiennent directement leur existence et leur développement. Sous la pression de la société civile, Ahava a annoncé en mars 2016 la relocalisation de ses activités de production en territoire israélien. Début 2018 pourtant, on trouvait encore des produits de la marque fabriqués en Cisjordanie. Voir les autres entreprises impliquées dans la colonisation.

En 2018, le Haut-Commissariat a étudié les cas de 206 entreprises liées directement ou indirectement aux colonies israéliennes dont 4 en France.

Plusieurs entreprises françaises sont ou ont effectivement été impliquées dans la colonisation israélienne :

5 institutions financières françaises : Société générale, BNP Paribas, LCL (filière du Crédit Agricole), AXA et Natixis (filiale de Banques populaires) soutiennent financièrement des banques et entreprises israéliennes impliquées dans les colonies.

3 entreprises de transports : Systra, filiale de la RATP et de la SNCF, impliquée dans le projet d’extension du tramway de Jérusalem (lequel relie notamment Jérusalem-Ouest à des colonies de Jérusalem-Est), Alstom qui détient 80% de l’entreprise qui a mené le projet de construction du tramway, a fourni les rames du tramway et détient Citadis Israel qui est chargée de sa manutention pendant 22 ans, et enfin Egis Rail qui a remporté un contrat de 11,9 millions d’euros avec la Jerusalem Transportation Master Plan pour aider à la construction et l’expansion du tramway. Egis Rail est une filiale d’Egis Group, détenu à 75% de la Caisse des Dépôts des Consignations, organisme financier public.

Veolia Environnement : sa filiale Transdev possédait l’entreprise Connex Jerusalem qui assure la gestion de la ligne de tramway. En août 2015, Veolia a cédé Connex à des investisseurs israéliens.

Orange  : elle a donné le nom de sa marque à l’entreprise israélienne Partner Communications qui a assemblé plus de 208 antennes et infrastructures en télécommunication en Cisjordanie et dans le Golan. En juin 2015, suite à la publication d’un rapport intitulé « Les liaisons dangereuses d’Orange dans le Territoire palestinien occupé », Orange a mis fin à son contrat avec l’entreprise israélienne.

Consultez les chiffres-clés sur l’économie et la page consacrée à la campagne sur les relations entre la France et les colonies israéliennes « Made in illegality ».


Investissement public

Les colonies sont financées par des fonds publics : en octobre 2014, le gouvernement a approuvé l’allocation de 34,7 millions de dollars à l’Organisation sioniste mondiale dans le but de « développer des colonies rurales et agricoles » en Cisjordanie.

L’Etat israélien offre en outre aux colons des avantages fiscaux tels que qu’une réduction de taxes de 7%, une prise en charge des frais de transport à hauteur de 75%, l’école gratuite, des subventions sur des prêts (parfois jusqu’à 95% du prix) etc.

En 2012, les colonies ont reçu le plus gros investissement par tête, avec en moyenne 2 695 shekels (soit 637 euros) dépensés par personne par an, alors qu’un citoyen d’une grande ville israélienne perçoit à peu près 1 684 shekels de l’Etat.

En 2013, la liste des localités israéliennes éligibles à des avantages spécifiques désignaient 90 colonies comme « zones de développement de priorité nationale ».

Chaque année, les colonies coûteraient 2,5 milliards de shekels à l’Etat israélien, soit plus de 473 millions d’euros.

Sources :
Al-Haq
B’Tselem
Commission européenne
Conseil des droits de l’Homme de l’ONU
European Council on Foreign Relations
FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme)
Haaretz
Le Monde
Le Monde diplomatique
Les clés du Moyen-Orient
Mediapart
OHCHR (Office of the High Commissioner for Human Rights)
PCBS (Palestinian Central Bureau of Statistics)
Peace Now
Yesh Din – Volunteers for Human Rights
Whoprofits.org


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