Plateforme-Palestine


logo fond
Recherche sur le site
 
S'abonner à la newsletter
 
Contactez-nous

  Accueil > Fiches projets >

Rénovation du réseau de distribution d’eau et actions de sensibilisation

Information sur ce projet
Un projet soutenu par :
         

Lieux d'intervention :
- Camp de réfugiés Aqabat Jaber

Thèmatique du projet :
- Eau
- Vallée du Jourdain


Un projet de coopération dans le domaine de l’eau : l’action de la ville de Besançon au camp de Aqabat Jaber (district de Jéricho)

Jacques Fontaine

L’origine du projet

Le groupe local de Besançon de l’AFPS est à l’origine du projet de coopération. Dès 2001 des relations personnelles s’établirent entre des membres du groupe local et des élus du Comité populaire du camp d’Aqabat Jaber. Parallèlement, le bureau du groupe local multiplie les rencontres avec le maire (Jean-Louis Fousseret, PS), élu en 2001 à la tête d’une équipe renouvelée (socialistes — majoritaires —, alternatifs, communistes, radicaux de gauche et verts) ainsi qu’avec l’adjoint chargé de la coopération décentralisée. Petit à petit l’idée d’une coopération avec une ville palestinienne ou un camp fait son chemin.

En décembre 2004, une mission fut organisée en Israël et en Palestine. Outre l’adjoint chargé de la coopération décentralisée, elle comprenait un représentant de la Licra et deux de l’AFPS. Elle avait pour but d’initier des relations avec le camp d’Aqabat Jaber et d’identifier des possibilités de coopération. Elle devait aussi renouer des relations avec la ville israélienne d’Hadera, jumelée avec Besançon depuis 1964, mais ce jumelage n’avait aucune existence réelle (c’est ce qui explique la présence d’un membre de la Licra). Cette reprise des relations avec Hadera était l’exigence posée par le maire à la mise en place d’une coopération (et non d’un jumelage) avec le camp d’Aqabat Jaber.

Dès cette première mission municipale, la question de l’eau fut mise en avant par le Comité populaire du camp : insuffisance de l’eau distribuée, coupures, vétusté du réseau… Il était évident que ce projet était d’une grande ampleur et que l’AFPS n’avait pas les moyens, ni humains, ni techniques, ni financiers pour s’impliquer efficacement. Même pour la ville de Besançon ce projet paraissait ambitieux et il lui faudrait sans doute, après étude sérieuse du dossier, envisager de recourir à des partenariats. L’importance de cette question de l’eau, déjà évoquée lors d’une mission de l’AFPS en 2003, fut confirmée lors de la visite à Besançon d’une délégation du Comité populaire du camp d’Aqabat Jaber en avril 2006. C’est également en 2006 que fut acté le principe d’une mission technique pour évaluer les travaux nécessaires à un bon fonctionnement du réseau d’adduction d’eau du camp. À l’origine, elle devait comprendre plusieurs élus (adjoints et conseillers municipaux chargés de la coopération décentralisée et de l’eau — à Besançon, l’eau est en régie municipale), des techniciens du service des eaux de la ville et des ingénieurs de l’Association hydraulique sans frontières. Prévue en 2006, elle n’eut lieu qu’en janvier 2007 et comprenait seulement un élu et deux ingénieurs d’HSF (ainsi qu’un membre de l’AFPS à titre personnel).

L’état des lieux étant fait et les principales difficultés connues, il convient de mettre en place un véritable projet de coopération décentralisée sur la question de l’eau : c’est l’objectif de la mission de juin-juillet 2007, qui comprenait des élus, des techniciens de Besançon, le président de HSF et un membre de l’AFPS.

Un projet de collaboration ambitieux

Ce projet est conçu comme un véritable projet de développement local centré sur la question de l’eau. Il est engagé pour une durée de trois ans (2008-2010), mais il pourrait être reconduit au-delà.

Les objectifs du projet sont au nombre de quatre :

• Rénovation partielle du réseau, par tranches, par une main-d’œuvre locale (la rénovation totale du réseau ne pouvant être envisagée dans le cadre du projet, vu son coût). C’est le PMU (Power Managment Unit), antenne technique de la PWA (Palesinian Water Authority) qui assure la maitrise d’œuvre de la rénovation du réseau. • Transfert de compétences et d’équipements par le service des eaux de Besançon, afin d’améliorer la gestion et l’entretien du réseau : remise en place d’un service de facturation (depuis la seconde intifada, personne ne payait l’eau) dont les ressources permettront d’assurer la maintenance du réseau. • Sensibilisation de la population à la préservation de la ressource en eau et du réseau ; cette question, fondamentalement culturelle, sera sans doute longue à régler et exigera beaucoup de doigté. Le volet de sensibilisation a été confié au lycée professionnel YMCA. • Développer la réflexion sur l’assainissement et en envisager les moyens.

L’organisation de la conduite du projet

Elle sera assurée par trois comités et un chef de projet : • Le comité de pilotage est l’instance décisionnelle qui se réunira une fois par an. Ce comité est constitué des financeurs, des institutions ayant autorité sur la question de l’eau dans le camp et des organismes ayant compétence dans la mise en œuvre du projet. Elle se compose donc de la ville de Besançon, du Comité populaire d’Aqabat Jaber, de l’Unrwa, de la PWA, du consulat de France, de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et de la maîtrise d’œuvre locale. • Le comité de suivi technique est composé des représentants techniques des membres du comité de pilotage, du chef de projet expatrié, du chef de projet local et des membres du service local de l’eau. Il se réunit une fois par trimestre. • Le comité d’orientation est une instance qui a un rôle consultatif et qui se réunira deux fois par an. Il comprend l’ensemble des partenaires cités ci-dessus et les différents acteurs de la société civile du camp impliqués dans le projet, mais aussi les associations bisontines partenaires, en particulier l’AFPS. Dans les faits, ce comité de s’est jamais réuni pour différentes raisons, les difficultés internes au groupe local de l’AFPS, aggravées à partir de l’automne 2008, en est une. • Un chef de projet suivra le lancement sur place des travaux en assurant la relation avec la municipalité de Besançon et les financeurs. La réflexion sur le choix d’un chef de projet local ou expatrié est en cours.

Le financement du projet

Il est de 350 000 euros environ pour les trois années. La municipalité de Besançon envisage de dégager 100 000 e (la loi Oudin-Santini permet de prélever 1 % des recettes sur l’exploitation du réseau d’eau pour des projets de coopération décentralisée). L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse s’engage pour une somme égale.

Le Comité populaire du camp participe au financement en valorisant des locaux et services rendus. L’Unrwa devrait financer l’embauche de chômeurs du camp qui participeront aux travaux. Des bailleurs complémentaires sont recherchés (Consulat général de France, Autorité palestinienne, Union européenne…).

La validation du projet

Le projet a été validé à l’automne 2007 par le Comité populaire du camp et la ville de Besançon (conseil municipal du 13décembre) ; suite à cette double validation, une convention de partenariat a été signée le 24 janvier 2008. Le projet pouvait donc démarrer.

La réalisation du projet

Les trois premiers objectifs du projet ont été réalisés et des études préparatoires au quatrième (assainissement) ont été lancées, mais les délais n’ont pas été tenus et c’est seulement au 31 mai 2011 que l’essentiel du programme a été finalisé.

La rénovation du réseau.

Prévue a minima dans la projet initial, du fait de son coût élevé, elle sera de fait complète grâce à l’octroi d’importants crédits par l’Autorité palestinienne (400 000 $ en 2009 et 900 000 $ en 2010/2011) à la suite de l’effet de levier produit par les financements extérieurs. La troisième et dernière phase de cette rénovation (fin de la pose des conduites, boitiers de branchements, branchements et pose de 1500 à 2000 compteurs) est toujours en cours de réalisation, du fait de divers blocages (par exemple, blocage des compteurs dans la port d’arrivée par les autorités israéliennes).

L’amélioration de l’exploitation du réseau.

Un service de l’eau a été mis en place avec trois techniciens formés en 2010, une secrétaire et un directeur. Les techniciens seront chargés de la réalisation des nouveaux branchements, la gestion et la maintenance du réseau... Le service de l’eau devra également relever les compteurs et établir les factures. La tarification -dont le niveau n’est pas connu à ce jour-doit permettre d’équilibrer le budget afin d’assurer l’autonomie du service.

La sensibilisation de la population.

Commencée dès le début du programme grâce à la section communication du lycée professionnel du camp (YCMA), elle n’a pas été perçue comme très efficace par le Comité populaire du camp. Elle reprendra à l’issue de la troisième phase de rénovation du réseau et fera l’objet d’un suivi dans le cadre du second programme de coopération : cette sensibilisation sera sans doute plus aisée quand l’eau arrivera régulièrement sur les éviers !

La gouvernance et le financement du projet

La gouvernance.

Les modalités de pilotage du projet dans le contexte palestinien fort complexe n’ont pas été simples à mettre en œuvre. A Besançon, le département eau et assainissement s’est chargé des questions techniques et la direction des relations internationales a assuré le suivi administratif. A Aqabat Jaber, le directeur administratif du camp a été l’interlocuteur privilégié de la ville ; le Power Management Unit, antenne technique de la Power Water Authority, a détaché un ingénieur pour la mise en place du projet.

Deux partenaires ont joué un rôle essentiel : le Consulat général de France à Jérusalem-Est et le Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine (RCDP/Cités Unies), via son antenne de Ramallah. Enfin, en 2011, la ville de Neuchâtel (jumelée depuis longtemps avec Besançon) a décidé de s’associer au programme de coopération avec le camp d’Aqabat Jaber.

Le financement.

Le montant du projet initial était un peu supérieur à 300 000 € avec deux financeurs quasi-certains (la ville de Besançon et l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée & Corse (RMC) et d’autres plus aléatoires. L’absence de financement par l’UE aurait pu peser lourdement sur le projet si l’Autorité palestinienne n’était pas intervenue de manière importante (cf. supra).

Le poste principal de dépenses (plus de 160 000€) a été la rénovation de l’infrastructure devant la sensibilisation de la population (25 000 €) et les honoraires du chef de projet (25 000 €) Il faut y ajouter quelques frais financiers et de secrétariat.

Le second programme de coopération : l’assainissement

Dès le premier programme, la question de l’assainissement avait été soulevée. Actuellement, l’assainissement dans le camp se fait par des solutions individuelles qui ne sont pas satisfaisantes (risque de pollution de la nappe...). La solution de l’assainissement collectif a été retenue. Elle pourra se faire en lien, ou pas, avec le projet d’assainissement de la ville de Jéricho dont les travaux de réalisation devraient commencer en 2012, grâce à la coopération japonaise (projet de 32,5 millions de $) ; les eaux traitées seront utilisées pour l’irrigation.

Un schéma directeur d’assainissement devrait être étudié d’ici la fin de 2013, la réalisation, coordonnée ou pas, avec la projet de Jéricho, pouvant se faire à partir de 2014 (grâce à un financement de l’Autorité palestinienne).

Le financement du schéma directeur (budget prévisionnel : 33 500€) est envisagé sur les fonds du département Eau et assainissement de la ville de Besançon avec une participation espérée de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée & Corse.

La sensibilisation de la population à la question de l’eau, élargie à celle de l’environnement, commencée pendant le premier programme, sera développée.

AFPS Besançon et la Collectivité territoriale française Besançon du RCDP (Réseau de coopération décentralisée avec la Palestine)

Acteurs engagés :
- Association France Palestine Solidarité
- Réseau de Coopération Décentralisée pour la Palestine

Partenaires locaux :

Comité populaire du camp d’Aqabat Jaber et PMU (Power Management Unit) de la PWA (Palestinian Water Authority)



Budget :

Budget : 350 000 € pour 3 ans



Rechercher un projet
Alphabétique
A   B   C   D   E   F   G   H   I   J   K   L   M
N   O   P   Q   R   S   T   U   V   W   X   Y   Z

par thème


par pays


>> Afficher la carte



                                                                                                                 Contact          Mentions légales          Plan du site          Crédits